Le journal de gratitude est-il efficace ? Ce que dit la science
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Le journal de gratitude est-il efficace ? Ce que dit la science

💡 Oui, mais modestement. Une méta-analyse PNAS de 2025 portant sur 145 études et 24 804 participants montre un effet réel mais faible sur le bien-être (g = 0,19). L'effet est le plus fort sur les émotions positives et absent en France, au Japon et au Royaume-Uni.
À retenir
  • Les interventions de gratitude produisent un effet réel mais faible sur le bien-être : g = 0,19 sur 145 études et 24 804 personnes.
  • Meilleur effet : augmentation des émotions positives (g = 0,27) ; plus faible : réduction des affects négatifs (g = 0,12).
  • La gratitude contrefactuelle - imaginer sa vie sans quelque chose de positif - surpasse la simple liste de remerciements (g = 0,36).
  • Les résultats varient significativement selon les cultures : pas d'effet significatif en France, en Inde, au Japon, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni.
  • L'affirmation du secteur du développement personnel selon laquelle la gratitude "transforme" le bonheur est exagérée, mais un bénéfice modeste et régulier est réel.
Un journal rose ouvert sur une page vierge, prêt à être rempli
Une page de journal vierge, point de départ classique d'une pratique de gratitude. Photo : iAm Evolving / Pexels
L'étude
Revue
Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)
Type
Méta-analyse pré-enregistrée (145 articles, 727 tailles d'effet)
Échantillon
24 804 participants dans 28 pays
Publiée
Juillet 2025
Institution
Université Kyung Hee, Séoul, Corée du Sud (auteur principal : Hyewon Choi)
Effet des interventions de gratitude selon le résultat de bien-être (Hedges' g)
Bien-être globalg = 0,28
Affect positifg = 0,27
Satisfaction de vieg = 0,18
Symptômes dépressifsg = 0,15
Affect négatifg = 0,12
Source : Choi et al., PNAS, 2025. Un g plus élevé indique un effet plus fort.

Qu'a révélé la plus grande revue sur le journal de gratitude ?

En juillet 2025, des chercheurs de l'Université Kyung Hee à Séoul ont publié dans PNAS la revue la plus complète à ce jour sur la science du journal de gratitude. L'équipe a compilé 145 études portant sur 24 804 participants de 28 pays et a réalisé une méta-analyse pré-enregistrée : les méthodes ont été verrouillées avant l'analyse des données, l'étalon-or pour ce type de revue.

Le résultat principal : les interventions de gratitude augmentent le bien-être de façon fiable, mais l'effet est faible. Le Hedges' g global était de 0,19, classé comme petit effet par les statisticiens. À titre de comparaison, l'effet de l'exercice physique sur la dépression est généralement de g = 0,60-0,80. La gratitude n'est pas dans cette catégorie, mais "faible" ne signifie pas "nul".

Cette information est générale et ne constitue pas un avis médical. Si vous traversez une dépression ou une anxiété, consultez un professionnel de santé qualifié. Pour la plupart des gens, le bénéfice modeste mais cohérent est réel et vaut la peine d'être connu.

Que signifie concrètement une "petite" taille d'effet ?

Une taille d'effet de g = 0,19 correspond à peu près à une différence de taille d'environ 2,5 cm. On la remarquerait en mesurant avec précision, mais elle ne serait pas évidente à l'œil nu.

En pratique : si 100 personnes commencent à tenir un journal de gratitude et 100 personnes similaires ne le font pas, le groupe pratiquant la gratitude obtiendra, en moyenne, des scores légèrement plus élevés sur les mesures de bien-être après quelques semaines. Pas spectaculaire, pas "transformateur", mais mesurable et cohérent.

L'effet est le plus fort pour les émotions positives (g = 0,27) et le bien-être global (g = 0,28). Il est le plus faible pour réduire les affects négatifs comme l'anxiété ou la colère (g = 0,12). La pratique est meilleure pour ajouter des expériences positives qu'pour effacer les négatives, une distinction importante pour quiconque l'aborde comme un traitement de la dépression.

Quel type de pratique de gratitude donne les meilleurs résultats ?

La méta-analyse a distingué plusieurs formats, et les différences comptent. La technique avec l'effet le plus fort était la gratitude contrefactuelle, avec g = 0,36, près du double de la moyenne globale.

La gratitude contrefactuelle consiste à imaginer délibérément sa vie sans quelque chose qu'on possède : une amitié proche, sa santé, un travail apprécié. Plutôt que de simplement lister ce dont on est reconnaissant, on construit activement le contraste. "À quoi ressemblerait aujourd'hui si cela n'existait pas ?" La vivacité de cette perte imaginaire semble aiguiser la valeur perçue de ce qui reste.

Les interventions mixtes (combinant comptage des bénédictions, lettres de remerciement et expression directe) ont également dépassé la moyenne (g = 0,26). Les chercheurs ont aussi constaté que les pratiques intégrées à des habitudes de méditation ou de pleine conscience existantes intégraient la gratitude plus efficacement que la tenue de journal isolée.

Le journal de gratitude fonctionne-t-il de façon égale partout dans le monde ?

C'est la découverte que la plupart des articles populaires ignorent : non. La méta-analyse a décomposé les effets par pays, et les résultats sont frappants.

Pays avec des effets significatifs : États-Unis, Australie, Canada, Suisse, Espagne, Corée du Sud, Malaisie, Hong Kong, Chine et d'autres.

Pays sans effet significatif : France, Inde, Japon, Pays-Bas et Royaume-Uni.

Le fait que la France figure parmi les pays sans effet significatif mérite d'être souligné pour les lecteurs francophones. Les chercheurs suggèrent que la différence peut être liée à l'individualisme culturel, aux niveaux de base d'expression de la gratitude et à la mesure dans laquelle une culture encourage la réflexion émotionnelle centrée sur soi. La base de recherche est fortement pondérée vers des échantillons anglophones, une limitation que les auteurs reconnaissent explicitement.

Comment tirer le meilleur parti d'une pratique de gratitude ?

Sur la base des résultats de la méta-analyse, quatre ajustements amélioreront probablement vos résultats par rapport à une simple liste quotidienne :

  • Utiliser le cadrage contrefactuel : au lieu de "je suis reconnaissant pour mon café", essayez "à quoi ressemblerait aujourd'hui si je n'avais jamais développé cette amitié, cette compétence, cette habitude ?"
  • Être spécifique et original : les entrées générales ("ma santé", "ma famille") perdent leur impact plus vite que les entrées spécifiques et récentes ("la conversation que j'ai eue avec mon ami mardi").
  • Parfois exprimer vers l'extérieur : écrire un bref mot de remerciement à quelqu'un, même non envoyé, combine les émotions positives avec la connexion sociale, qui a ses propres bénéfices indépendants sur le bien-être.
  • Viser 2 à 4 fois par semaine, pas quotidiennement : des entrées moins fréquentes mais plus délibérées tendent à surpasser les listes d'habitudes quotidiennes mécaniques.

Quelles sont les limites honnêtes de cette recherche sur le journal de gratitude ?

La méta-analyse est de haute qualité, mais ses auteurs ont été transparents sur plusieurs contraintes :

  • La recherche était limitée aux études en anglais, ce qui sous-représente systématiquement les cultures où la recherche est publiée dans d'autres langues.
  • Le pays a été utilisé comme approximation de la culture, ce qui est une approximation grossière. Au sein de tout pays, il existe une énorme variation dans la façon dont les gens se rapportent aux pratiques de gratitude.
  • Les études ont mesuré des résultats à court et moyen terme. Si une pratique soutenue sur plusieurs années produit des rendements composés ou décroissants reste inconnu à partir de ces données.
  • Il n'existe pas de définition clinique unifiée du journal de gratitude. Les 145 études variaient considérablement en fréquence, durée, format et instructions.
  • Comme pour toute intervention psychologique, les effets placebo et d'attente sont difficiles à exclure entièrement.

Voir aussi : ce que la science dit sur l'exercice et la dépression, une autre intervention de mode de vie avec une base de preuves plus solide.

FAQ

Combien de temps par jour faut-il consacrer à son journal de gratitude ?

La plupart des études ont testé 5 à 15 minutes par session, 2 à 5 fois par semaine. La qualité compte plus que la quantité : une entrée spécifique et clairement imaginée surpasse cinq lignes génériques. Il n'existe pas de preuve solide que des sessions plus longues produisent proportionnellement de meilleurs résultats.

Le journal de gratitude est-il identique à la pensée positive ?

Pas exactement. La pensée positive consiste souvent à se dire que tout va bien alors que ce n'est peut-être pas le cas. La pratique de la gratitude dirige l'attention vers ce qui existe déjà et a de la valeur, y compris les choses ordinaires. Le cadrage contrefactuel le rend plus cognitivement actif qu'une simple affirmation, ce qui explique probablement sa supériorité sur les simples listes.

Le journal de gratitude peut-il remplacer la thérapie ou les médicaments contre la dépression ?

Non. La méta-analyse n'a trouvé qu'un faible effet sur les symptômes dépressifs (g = 0,15), et les participants étaient principalement des populations non cliniques. Pour la dépression clinique, le journal seul n'est pas un traitement adéquat. Considérez-le comme un complément aux soins professionnels, non comme un substitut.

Pourquoi le journal de gratitude semble-t-il ne pas fonctionner pour certaines personnes ?

La recherche montre des variations culturelles et individuelles. Si la pratique semble forcée ou mécanique, elle peut ne pas générer le contraste perçu qui conduit à l'effet. Passer au cadrage contrefactuel, réduire la fréquence ou essayer la gratitude exprimée peut aider. Dans certains contextes culturels, dont potentiellement la France, l'effet moyen est simplement plus faible.

Le journal numérique ou sur application est-il aussi efficace que le stylo et le papier ?

La méta-analyse n'a pas trouvé de différence significative selon le support. Le contenu spécifique et le cadrage de ce que vous écrivez comptent probablement plus que le fait d'utiliser une application ou un carnet.

Source : Choi H. et al., "A meta-analysis of the effectiveness of gratitude interventions on well-being across cultures," PNAS, juillet 2025

À propos de l'auteur

Dao Huy (Lucas) est un traducteur professionnel travaillant entre l'anglais, le vietnamien, le chinois et le français, avec plus de sept ans d'expérience dans les documents juridiques, médicaux et techniques. Il rédige ces articles explicatifs parce que les réponses claires et honnêtes aux questions du quotidien sont souvent enfouies sous le battage médiatique, et parce que le rôle d'un traducteur est fondamentalement de faire franchir les barrières à la compréhension, qu'elles soient linguistiques ou scientifiques.

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Written by Dao Huy (Lucas), Vietnamese translator & localization specialist (EN · ZH · FR → Vietnamese). See translation services →

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